dimanche 6 juillet 2014

Entretien avec Emmanuel Geslot, maraîcher à Castres


 - Jeudi 17 Avril 2014

DL : La ferme des Fitelles c'est un hectare en bordure de l'Agoût que vous avez racheté en Novembre dernier. Stéphanie, ayant quitté son poste de formatrice au lycée agricole de Fontlabour, y travaille dores et déjà et participe à la constitution des paniers avec sa production. Lors de l'assemblée générale des 2 AMAP que vous livrez sur Castres avec Stéphanie, il a été décidé de constituer une cagnotte solidaire pour participer à ce projet de serre. Peux tu expliquer de quoi il s'agit ?

EG :Il s'agit d'installer sur le terrain des Fitelles, une serre de 42 mètres de long sur 8 m de large soit 336 m2. Le but d'une serre c'est de sécuriser les cultures.
Sous une serre on maîtrise les apports en eau en fonction des besoins des plantes, la météo, et on gagne en précocité. Par exemple on a fait du fenouil à la ferme de la Ballestrié haute sous serre et on en a fait à Fitelle, en plein champ. Celui sous serre fait déjà 20 cm de haut ; A Fitelles, il reste 100 pieds sur les 1000 plantés : on a eu 3 jours de vent d'Autan qui les a détruit.
On aurait eu une serre , on n'aurait pas perdu 90 % des plants et travaillé pour rien.

DL : Est ce que une serre permet de maîtriser autre chose que le climat et l'hygrométrie ?

EG : Oui : par exemple aujourd'hui pour les courgettes sous les serres de la Ballestrié, j'ai installé la ruche de bourdons pour polleniser. Comme les portes sont fermées et que par côté les aérations sont protégées par des filets, les bourdons ne s'échappent pas et font leur travail là où on le souhaite. Si c'était dehors, ils ne butineraient probablement pas seulement les fleurs de courgettes.

DL : C'est vrai aussi pour la lutte biologique contre les prédateurs ?

EG : Oui bien sûr. Pour lutter contre les pucerons on met des prédateurs naturels comme les aphidoledes ( insectes genre diptères) ou comme les adalias ( larves de coccinelles) et elles font leur travail dans la serre où elles sont confinées.

DL : D'autres avantages ?

EG : La précocité : on gagne environ un mois et demi par exemple les courgettes qu'on commencera à avoir la semaine prochaine, alors que dehors on les aurait fin mai
Une serre ça permet aussi d'allonger la durée des cultures : quand on a terminé les radis, 15 jours après on peut mettre les salades . La terre est facile à travailler, même en hiver, on rajoute un peu d'engrais organique et on peut planter.
C'est donc surtout la pérennité de l'exploitation et la sécurité des cultures.

DL : Tu peux nous donner quelques données économiques

EG : En principe une serre permet 15€/m2 et par an de chiffre d'affaires. Donc on espère assurer environ 5000 € de chiffre d'affaires avec ce projet . Notre revenu assuré est de 40 % de ce chiffre soit environ 2000€.
Il y a une serre identique qui était déjà sur le terrain quand on l'a acheté et j'en ai remonté une petite de 22mX8m qu'on avait à la Ballestrié. Comme ce n'est pas les même terres, on pourrait faire à Fitelle de la carotte primeur, des radis primeurs ce qu'on ne peut pas faire à la Balestrié.
On a fait faire un devis c'est 5000 € environ pour du neuf. L'occasion ce n'est pas très intéressant. On ne va en trouver que sur Perpignan, au plus près. Il faut systématiquement changer la bâche et on ne se rend compte de l'état de la structure que quand on est sur place.
De plus on a une subvention de 35 % de la part du Conseil Général et l'Europe sur de l'achat neuf pour du bio.
Il faut attendre l'acceptation du dossier. Il faut que la serre soit achetée et montée pour débloquer les fonds et attendre ensuite environ 6 mois.

L'idéal serait de l'acheter en juin pour la monter en juillet Août et commencer à cultiver en septembre.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire